Le budget au quotidien
Quand les achats deviennent difficiles à contrôler : que faire ?
Dans cet article
Vous aviez prévu vos dépenses, puis vous avez acheté autre chose. Après coup, vous regrettez. Vous essayez de reprendre votre budget, mais la même situation se répète.
Quand les achats deviennent difficiles à contrôler, refaire ses enveloppes ne répond pas à tout. Vous pouvez chercher de l’aide pour comprendre ce qui se passe, tout en faisant le point sur les conséquences financières. Cet article propose quelques repères pour commencer ; il ne permet pas de poser un diagnostic.
Un achat imprévu ne dit pas tout
Acheter quelque chose sur un coup de tête ne signifie pas, à lui seul, que vous avez un trouble. L’IFAC, au CHU de Nantes, décrit les achats compulsifs comme des achats répétés, difficiles à maîtriser, qui peuvent apporter un soulagement sur le moment puis des regrets. Leur retentissement peut être financier, mais aussi personnel ou familial. Comprendre les achats compulsifs avec l’IFAC.
Si vous avez l’impression de perdre le contrôle ou que cette situation vous fait souffrir, cela mérite une discussion avec un professionnel. Il n’est pas nécessaire de vous attribuer vous-même une étiquette pour expliquer votre difficulté.
Les mots employés sur ce sujet varient. L’Assurance Maladie présente les achats compulsifs parmi les comportements dont le potentiel addictif fait l’objet de recherches. Il serait donc trompeur de déduire un diagnostic à partir d’une liste trouvée en ligne. Les explications d’ameli.
Pourquoi le budget peut ne pas suffire
Un budget répond à une question : que doit couvrir l’argent dont je dispose ? Il ne répond pas forcément à une autre : pourquoi est-ce que j’achète alors que j’avais décidé de ne pas le faire ?
L’IFAC explique que certaines personnes achètent notamment en réponse à des émotions pénibles et ressentent un apaisement temporaire. Un suivi peut associer plusieurs formes d’aide, dont un accompagnement psychothérapeutique et social. La présentation de l’IFAC.
Votre tableau peut être juste et vos enveloppes bien préparées, sans que cela suffise à résoudre cette difficulté. Changer d’application ou détailler davantage ses catégories n’est donc pas une réponse complète à une perte de contrôle.
Quelques appuis avant un nouvel achat
Dans ses conseils de prévention, l’IFAC propose de laisser passer une nuit avant de décider, de s’interroger sur l’utilité de l’objet et de vérifier que son prix ne met pas les autres dépenses en difficulté. Pour les achats en ligne, l’institut recommande aussi de ne pas conserver sa carte enregistrée : les étapes supplémentaires laissent un temps de réflexion. Les conseils pratiques de l’IFAC.
Vous pouvez choisir un de ces appuis pour commencer. Ce ne sont ni un traitement, ni une épreuve à réussir pour avoir le droit de demander de l’aide. Si cela ne suffit pas, vous pouvez en parler dès maintenant.
Faire le point sur l’argent sans tout reconstruire
Pour préparer un échange avec une personne qui vous accompagne, vous pouvez réunir quelques informations simples : l’argent actuellement disponible, les paiements déjà engagés, les dépenses indispensables à venir et les éventuels impayés. Le but est d’avoir une situation lisible, pas un budget parfait.
Exemple fictif : vous avez 300 € sur votre compte. Vous avez encore prévu 180 € pour les courses et 80 € pour le transport. Les 300 € ne représentent donc pas tous de l’argent disponible pour un nouvel achat : 260 € ont déjà une destination. Ce sont des montants illustratifs, pas une répartition recommandée.
Les enveloppes rendent ces engagements visibles. Elles ne bloquent pas une carte et ne déplacent pas l’argent entre les comptes. Une application de budget peut montrer ce qui reste ; elle ne garantit pas que vous renoncerez à un achat.
Si cette façon d’organiser votre argent vous est utile, notre guide du budget à base zéro en explique le fonctionnement avec un exemple. Vous pouvez le lire sans installer d’application.
En parler : avec quels mots, et à qui ?
« Consultez » peut sembler bien vague quand on ne sait pas comment commencer. Vous pouvez partir d’une phrase aussi simple que :
« J’achète plus que je ne le voudrais et je n’arrive pas à m’arrêter comme prévu. Cela me préoccupe. J’aimerais qu’on en parle. »
Si vous voyez déjà un psychologue ou un psychiatre, vous pouvez lui apporter cette phrase, ou vos propres notes. L’IFAC recommande de consulter ces professionnels lorsque les achats s’accompagnent d’une perte de contrôle et de souffrance. Son annuaire régional des centres de soins permet aussi de chercher un interlocuteur spécialisé. Contactez le service choisi pour vérifier qu’il peut vous recevoir pour cette difficulté. Conseils et orientation de l’IFAC.
Pour les difficultés financières, un Point conseil budget propose un accompagnement gratuit, confidentiel et ouvert à tous. La DREETS explique leur fonctionnement et fournit les coordonnées des structures d’Île-de-France. Le centre communal d’action sociale (CCAS) de votre commune fait aussi partie des interlocuteurs indiqués par la Banque de France pour vous aider en cas de difficultés financières. Informations officielles sur les Points conseil budget ; guide de la Banque de France, page 3 (PDF).
Vous pouvez demander de l’aide sur ces deux aspects. Prendre rendez-vous n’oblige pas à avoir déjà remis ses comptes en ordre.
Sources pour aller plus loin
-
IFAC, CHU de Nantes : repères sur les achats compulsifs, conseils pour limiter les risques et annuaire des centres de soins.
-
Assurance Maladie : repères sur les addictions comportementales.
-
DREETS Île-de-France : fonctionnement des Points conseil budget.
-
Banque de France : guide sur les difficultés financières et le surendettement, page 3 (PDF).
Pour continuer
-
ZBB : la méthode du budget à base zéro (le guide simple)
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Fonds d’urgence en France : combien prévoir et comment le constituer
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